Bassirou Diomaye Faye : un message clair sur la justice, la reddition des comptes et les rapports avec Macky Sall

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Face à la presse ce vendredi 4 avril 2025, le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a réaffirmé sa vision d’un Sénégal nouveau, fondé sur la justice, la transparence et le respect des libertés. Lors de cet échange franc avec une sélection de journalistes, plusieurs sujets majeurs ont été abordés, révélant une volonté ferme de rompre avec les pratiques du passé.

 

Une justice affranchie de toute influence

Le chef de l’État a commencé par lever toute ambiguïté : la justice sénégalaise est désormais « libre et autonome ». Il a affirmé qu’aucune interférence politique ne pèse sur les magistrats et que les décisions de justice sont prises « sans orientation ni pression ». Reconnaissant les lenteurs dans le traitement des dossiers liés à la reddition des comptes, il les a imputées au manque d’effectifs dans la magistrature, et non à une quelconque volonté de bloquer les procédures.

 

Aucune chasse aux sorcières contre Macky Sall

Sur la supposée volonté de s’en prendre à son prédécesseur, Diomaye Faye a été formel : « Il n’y a aucun ciblage contre Macky Sall. » Il a tenu à dissiper les rumeurs d’une vendetta politique, insistant que « toute personne ayant géré les ressources publiques devra rendre compte, mais seul le juge est compétent pour établir les responsabilités ». Il a réitéré son respect pour l’ancien président, tout en refusant d’entraver le travail de la justice.

 

La loi interprétative promulguée malgré les réticences

Revenant sur la loi interprétative récemment adoptée, le Président a confirmé qu’il la promulguera, tout en rappelant que ni lui, ni le Premier ministre Ousmane Sonko, ni les députés de leur coalition ne l’avaient soutenue. Pour lui, « on ne peut pas effacer l’histoire », en référence aux événements douloureux de 2021 à 2024. Il a exprimé sa solidarité avec les victimes, dont les portraits continuent de rappeler le devoir de mémoire dans les lieux de pouvoir.

 

Présence au CSM : une réforme en gestation

Concernant sa participation au Conseil supérieur de la magistrature (CSM), le président Faye estime qu’« il n’est pas encore temps » de s’en retirer. Il a plaidé pour une réforme réfléchie et concertée, précisant toutefois que sa présence n’influence en rien les décisions du CSM, contrairement aux pratiques d’un passé récent.

 

Délits d’opinion : “La justice fait son travail

À propos des récentes arrestations pour délits d’opinion, Diomaye Faye a rejeté toute implication directe de l’exécutif. « Ni le Premier ministre ni moi ne sommes informés des procédures en temps réel », a-t-il déclaré. Il a souligné que les privations de liberté sont aujourd’hui plus rares que durant la période 2021-2024, où « des Sénégalais étaient arrêtés pour un simple post sur Facebook ».

 

Une justice pour tous, sans privilèges

Le président a tenu à rappeler que la médiation pénale est un outil légal, exclusivement à la discrétion du juge. Il a insisté sur l’égalité devant la loi : « La justice ne doit pas être réservée aux pauvres. Elle est là pour tous, sans distinction de fortune ou de statut social. »

Le droit de manifester toujours garanti

Enfin, au sujet de la liberté de manifester, Bassirou Diomaye Faye a assuré qu’aucune interdiction systématique n’est appliquée : « Il n’y a simplement pas de motif de marcher en ce moment. Mais si les citoyens en ressentent le besoin, ils sont libres de le faire. Le macadam est là. »

 

Une gouvernance sous le sceau de la transparence

Cette prise de parole présidentielle, sobre mais directe, illustre une volonté de gouverner autrement, en rompant avec les pratiques opaques et autoritaires du passé. La justice, la reddition des comptes et la liberté d’expression deviennent ainsi les piliers d’un renouveau démocratique incarné par Diomaye Faye.

 

Seydou Diallo

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La Rédaction